L’empowerment expliqué par des femmes du Blanc-Mesnil, par Carine Fouteau

L’empowerment expliqué par des femmes
du Blanc-Mesnil, par Carine Fouteau
Source: mediapart.fr
Article publié le samedi 2 mars 2013

Un quartier pauvre de la banlieue parisienne raconté
par un “je” pluriel d’habitantes qui en ont assez
que d’autres parlent à leur place. Sorti en février
2013 en librairies, Femmes des quartiers populaires,
en résistance contre les discriminations, publié aux
éditions Le Temps des cerises, fait le pari de
l’intelligence collective et participative, à un moment
où le gouvernement, et notamment le ministre de
la ville François Lamy, découvre les vertus de
l’empowerment.
Pendant deux ans, une trentaine de femmes se
sont réunies, une fois par mois, dans la maison
des Tilleuls au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis.
Menés par Zouina Meddour, chargée de la lutte
contre les discriminations à la mairie, et Saïd
Bouamama, sociologue, les échanges ont abouti à
ce livre énergique qui prend le contre-pied des
représentations dominantes dans lesquelles ne se
retrouve pas l’immense majorité des résidents de ces
zones à l’abandon mais néanmoins vivantes. [……]
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Femen partout, féminisme nulle part, par Mona Chollet

Femen partout, féminisme nulle part
par Mona Chollet,  mardi 12 mars 2013
Source:monde-diplomatique

« Les musulmans semblent éprouver un sentiment de puissance virile à voiler leurs femmes, et les Occidentaux à les dévoiler », écrivait l’essayiste marocaine Fatema Mernissi dans Le Harem et l’Occident(Albin Michel, 2001). L’engouement des médias français pour des figures comme les Femen ou Aliaa El-Mahdy, l’étudiante égyptienne qui, en 2011, avait posé nue sur son blog (1), offre une nouvelle confirmation de la justesse de cette observation. On a pu voir sur France 2, le 5 mars, un documentaire consacré au collectif d’origine ukrainienne implanté en France depuis un peu plus d’un an (2), et un autre intitulé Aliaa, la révolutionnaire nue sur Public Sénat pour le 8 mars, Journée internationale des femmes.
Tant pis pour les milliers de femmes qui ont le mauvais goût de lutter pour leurs droits tout habillées, et d’offrir un spectacle moins conforme aux critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté. « Le féminisme, c’est ces femmes qui ont défilé dans les rues du Caire, pas les Femen ! Et sur ces femmes-là, je vois peu de documentaires TV », s’insurgeait sur Twitter, le 6 février dernier, la correspondante de France Inter en Egypte, Vanessa Descouraux. En France, les organisations féministes « se voient désormais plus souvent interpellées sur ce qu’elles pensent du mouvement d’origine ukrainienne que sur leurs propres actions » (3).

« Si tu montres tes nichons,
je reviens avec mon photographe »

Femmes, vous voulez vous faire entendre ? Une seule solution : déshabillez-vous ! En octobre 2012, en Allemagne, les réfugiés qui campaient devant la Porte de Brandebourg, au centre de Berlin, pour dénoncer leurs conditions de vie peinaient à attirer l’attention des médias. En colère, une jeune femme qui manifestait avec eux lança à un journaliste de Bild : « “Tu veux que je me mette à poil ?” Le journaliste acquiesce et promet de revenir avec son photographe. D’autres journalistes l’apprennent et voilà, la foule d’objectifs se réunit autour des jeunes femmes qui soutiennent les réfugiés. Elles ne se sont pas déshabillées, mais ont profité de l’occasion pour dénoncer le sensationnalisme des médias (4). » Continuer la lecture