Femmes dans l’église catholique

Intervention Atelier 2 CFPE
Monique CRINON, sociologue

L’interpellation de l’Islam sur la place accordée aux femmes est récurrente, le texte qui suit interroge l’Eglise catholique sur la même question : qu’en est-il des femmes dans l’Eglise ?
Il est évidemment impensable de balayer 20 siècles d’histoire en quelques pages, c’est pourquoi seuls sont abordés quelques périodes particulièrement intéressantes : la période dite du christianisme primitif, relativement émancipatrice pour les femmes, suivie de la construction de l’appareil de l’Eglise qui définit dogmes et règles reprenant à son compte une conception du monde hiérarchisée, fondée notamment sur l’inégalité des sexes.
Pourtant les femmes furent et sont présentes dans l’Eglise, elles y ont joué un rôle important et furent systématiquement occultées, disqualifiées voire persécutées. Abbesses, béguines, laïques se sont organisées et s’organisent toujours.
Les formes d’existence/résistance des femmes dans l’Eglise catholiques sont multiples. La réflexion ici amorcée doit être poursuivie.

Suite à télécharger: Femmes_dans_l’église_catho_final

Notes de lecture sur le livre de Tova Hartman : « Feminism Encounters Traditional Judaism », Brandeis University Press, 2007.

Notes de lecture sur le livre de Tova Hartman : «  Feminism Encounters Traditional Judaism », Brandeis University Press, 2007.

Par M.Laure Bouusquet du CFPE

L’auteure, professeure à l’université Bar Ilan, est philosophe, docteure en psychologie freudienne et études féministes. Elle a fait son doctorat sous la direction Carol Gilligan qui a inventé et pensé le concept d’éthique du care. Dans cet ouvrage, elle décrit le processus qui l’a conduite à poser l’acte courageux de créer avec d’autres croyant(e)s la synagogue Shira Hadasha : « un chant nouveau ». Cet acte témoigne de son engagement profond à la fois dans le féminisme et le judaïsme orthodoxe moderne. Dans les six chapitres de son livre, elle analyse les points de contact vitaux entre féminisme et tradition religieuse, deux courants de pensée apparemment irréconciliables mais qui peuvent conduire à des perspectives porteuses parfois de compromis douloureux mais aussi  de connections créatrices inattendues.

Suite à télécharger:Notes_de_lecture_sur_le_livre_de_Tova_Hartman_

Atelier Religion, Féminismes et Emancipation

Dans le cadre des dix ans du CFPE
nous vous invitons à l’atelier n° 2 du cycle 2014
Religion, Féminismes et Emancipation
Samedi 29 mars 2014 de 14 heures à 17 heures
à la Maison Fraternelle – 37, rue Tournefort 75005 Paris
– M° Place Monge –

Le thème « Religion, féminismes et émancipation », dans la perspective du
FSM de 2015, vise à  réfléchir sur la manière dont les luttes féministes
s’inscrivent dans un projet d’émancipation, en particulier dans un rapport
à la religion qui n’est pas réduit à un combat contre les religions, mais à la
production d’une dynamique redonnant toute leur place et toute leur
dignité aux femmes à l’intérieur des religions.
Il y sera question de luttes de femmes qui cherchent non pas à s’émanciper
du religieux, mais à émanciper le religieux de toutes les formes de
domination patriarcale, au nom de l’égalité.
Avec la participation de :
Hanane Karimi, porte-parole du collectif Femmes dans la mosquée ;
Monique Crinon, sur les luttes de femmes dans le catholicisme ;
– Une femme rabbin (sous réserve).

Contact : Cfpe2004@yahoo.fr

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 10ème anniversaire de la Loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école,quel bilan?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de ARDLFM (Association pour la Reconnaissance des Droits et Libertés aux Femmes Musulmanes)

10ème anniversaire de la Loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux à l’école,quel bilan?

Aujourd’hui 15 mars 2014, c’est le 10ème anniversaire de la Loi encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Un bilan s’impose.

Cette Loi a été votée dans une ferveur politique et médiatique quasi unanime. Elle avait pour but de rappeler le principe de laïcité et de promouvoir l’égalité entre les filles et les garçons.
Au total pour l’année 2004-2005 : 47 exclusions ont été prononcées, 44 pour port de voile islamique et 3 pour port de turban sikh (Rapport Hanifa CHERIFI). Ce même rapport élude complètement le nombre de déscolarisations silencieuses, celles d’élèves qui ne se sont pas présentées à la rentrée dans leur établissement scolaire. Le Collectif Une école pour toutes et tous évalue ces déscolarisations à quelques centaines. Qu’en est-il depuis, chaque année ?
Nous aurions pensé, que cette Loi d’exclusion votée, l’Institution scolaire s’en serait contentée puisqu’elle la réclamait depuis 1989. Il n’en fut rien. Deux dérives majeures de cette loi au sein du milieu scolaire sont constatées de manière quotidienne.
Depuis 2004, les élèves « présumées » musulmanes, car cette Loi ne vise qu’elles, sont soumises à une pression constante, de chasse au couvre-chef, elles-seules ne peuvent porter aucun accessoire sur la tête (alors que la circulaire d’application l’autorise). Pire, au fil des ans nous assistons à un déplacement du signe « religieux », désormais on interroge ces élèves sur l’intention de l’ensemble de leur tenue vestimentaire. Jupes longues et manches longues sont suspectes et tomberaient sous le coup de la Loi. Les exemples sont nombreux.
Depuis cette Loi aussi, alors même que sa circulaire d’application (Fillon) stipule que « les parents ne sont pas concernés », nombreuses sont les mères voilées interdites d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants par une direction d’école ou une inspection académique trop zélée. Souvent mêmes, ces évictions sont formulées en présence de l’enfant, complètement désemparé par la scène humiliante que vient de subir sa mère.
Mais cette Loi aura eu pour conséquences aussi, des discriminations avérées en dehors du milieu scolaire. Cette Loi est fantasmée à tel point qu’elle est utilisée pour justifier de manière consciente ou inconsciente, des refus d’embauches, ou de formations, des refus d’accès à certains lieux comme une administration, un cabinet médical, un restaurant, une banque, un centre sportif, un bus même, des refus d’accès à certains milieux, politiques (Affaire Ilham Moussaid) ou caritatifs (Restos du coeur) aussi.
Cette Loi a ouvert tous les champs du possible contre la pratique du port du foulard au sein de notre société. De nombreuses propositions de lois ont été déposées au Parlement pour interdire le port du voile, au sein de l’entreprise, des associations, à certaines catégories de professions et même dans l’espace public.
Cette banalisation de la discrimination a enfin eu pour conséquence ultime, le passage à l’acte de la violence.

Cette semaine encore, une femme voilée enceinte a été violemment agressée, elle a accouché prématurément, une autre dame l’année dernière a fait une fausse couche. Depuis, un an ces agressions violentes se sont multipliées sans alerter ni les pouvoirs publics, ni les médias, ni la société dans son ensemble.
Les conséquences de cette Loi sont terribles pour ces jeunes femmes et ces femmes.
Des violences sociales, nous sommes passés aux violences physiques. Ces crimes sont commis au nom de cette Loi ou du moins en son esprit.
Au final,
– La laïcité a été dévoyée de son principe initial. Nous sommes passés en un siècle de 1905 à 2004, de la neutralité absolue de l’Etat à la neutralisation des femmes musulmanes « visibles » ;
– Dans sa quasi majorité cette Loi a exclu, marginalisé, stigmatisé, des femmes et seulement des femmes ;
– Des femmes présumées ou avérées de confession musulmane.
La Loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école, est une loi anti-laïque, sexiste et raciste.
Pour ces raisons, nous appelons à l’abrogation de cette loi.
A Tourcoing,
Le 15 mars 2014
Contact :
Mme Zakia MEZIANI
Tél. : 06 26 14 97 67
ardlfm@hotmail.com

Sources :
Rapport du Ministère de l’éducation nationale sur l’Application de LA LOI DU 15 MARS 2004 SUR LE PORT DES SIGNES RELIGIEUX OSTENSIBLES DANS LES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT PUBLICS rapporté par Mme Hanifa CHERIFI
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/064000177/0000.pdf
Comité 15 mars et libertés, Rentrée 2004 une vérité dévoilée, Edition Bayane, 2005
Bilan du Collectif contre l’islamophobie en France CCIF et du Comité 15 mars Libertés
http://islamophobie.net/rapports/CCIF-bilan-loi15mars2004.pdf
http://www.islamophobie.net/sites/default/files/file_attach/RAPPORT-ANNUEL-CCIF-2013.pdf
Bilan du Collectif Une École pour Toutes et Tous
http://lmsi.net/Elements-d-un-futur-Livre-noir
Ismahane Chouder, Malika Latrèche, Pierre Tevanian, Les filles voilées parlent, La Fabrique, 2008
Amnesty International, « Choix et préjugés, La discrimination à l’égard des musulmans enEurope »
https://www.amnesty.org/fr/library/asset/EUR01/002/2012/fr/7e03b713-89d0-4134-818a-0cb003d42422/eur010022012fr.pdf
Témoignages et suivis de cas par nous-mêmes Ardlfm

10 ans d’une loi scélérate ! Ca suffit !!!

Le COLLECTIF DES FEMINISTES POUR L’EGALITE (CFPE) et une douzaine d’autres associations ont lancé un appel à mobilisation pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 dite « sur les signes religieux dans les écoles publiques » le 14 décembre 2013. Depuis beaucoup d’autres organisations ont rejoint  cet appel….

La loi du 15 mars 2004, qui prétendait protéger les jeunes filles des hommes de leur entourage, a, depuis, montré son véritable visage, une loi d’exclusion, dont il est temps de faire le bilan :

1) Elle a constitué une première étape vers une multiplication de mesures discriminatoires partant d’une interprétation dévoyée de la laïcité exigeant l’invisibilité des signes religieux au-delà des fonctionnaires. Cette interprétation relevant d’une islamophobie d’Etat va s’étendre en visant au premier chef les femmes musulmanes :
– 2008 : affaire Baby-Loup ;
– loi de 2010 interdisant le port du voile intégral dans l’ « espace public » ;
– circulaire Chatel de 2011, interdisant aux mères voilées d’accompagner les enfants dans les sorties scolaires ;
– début 2013 : proposition de loi visant à l’interdiction du voile pour les employé-e-s des établissements privés de la petite enfance, ainsi que pour les nounous travaillant à domicile ;
– et depuis, en vrac, évocation de l’éventuelle adoption de lois réglementant le port du voile en entreprise, l’interdiction du port du voile à l’université, etc.

De fait, les femmes portant foulard sont discriminées partout (au travail, dans les organisations caritatives comme le Secours Populaire ou les Restos du coeur, à l’hôpital…). Dans les établissements scolaires, le port d’un bandana ou d’un bandeau, et /ou d’une jupe jugée trop longue est prétexte à exclure, hors de toute légalité (affaire Sirine). On doit donc constater que loin d’apaiser les conflits et de protéger les femmes, la loi de 2004 a été le déclencheur de comportements discriminatoires et haineux, qui y trouvent légitimation et déculpabilisation.

2) Dans le même temps les agressions et les violences contre les femmes portant foulard sont allées en se multipliant. La longue série d’agressions physiques subies par des femmes portant le foulard (Argenteuil, Reims, Orléans…) marquent un franchissement de plus dans la violence décomplexée. Malgré la multiplication de ces agressions, discriminations, humiliations… ces femmes musulmanes, voilées ou non, continuent de manifester leur résistance et leur volonté d’être présentes comme citoyennes à part entière, de prendre part aux luttes, y compris les luttes spécifiques aux femmes, et d’être pleinement actives, à l’école et à l’université, au travail, dans les associations, les syndicats, dans les partis… 

Dans ces conditions, nous, initiatrices et signataires de cet appel continuons et continuerons d’exiger l’abrogation de cette loi, sexiste et raciste, et de toutes les lois et circulaires discriminatoires dont elle a été comme le coup d’envoi.

 Disons STOP à l’expansion de l’islamophobie, à l’injustice et aux inégalités, ainsi qu’à la souffrance, à la stigmatisation et à l’humiliation qui en découlent pour les femmes musulmanes. 

1ers Signataires : CFPE (Collectif Féministes Pour l’Egalité), MTE (Mamans Toutes Egales), ARDLFM (Association pour la Reconnaissance des Droits et Libertés aux Femmes Musulmanes), PIR (Parti des Indigènes de la République), FUIQP (Forum Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires), AFD (Alliance for Freedom and Dignity), PSM (Participation et spiritualité Musulmanes), STOP CONTROLE AU FACIES, PACT (Participation Citoyenne), GP (Génération Palestine), UJFP (Union Juive Française pour la Paix), CEDETIM, 8 MARS POUR TOUTES, CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), AIX SOLIDARITE, FEMMES PLURIELLES, COLLECTIF LES MOTS SONT IMPORTANTS, ASSOCIATION MEMORIA NORD, FSQP (Forum Social des Quartiers Populaires), ACMMSE (Association Culturelle de la Mosquée de Montreynaud Saint-Étienne), PARTAGEUX, STRASS (Syndicat du travail sexuel), FONDATION FRANTZ FANON, COLLECTIF SORTIES SCOLAIIRES AVEC NOUS, COMITE 15 MARS ET LIBERTES, MPF (Musulmans Progressistes de France), LES DURES A QUEER, LES TUMULTUEUSES, AAW (American Against War), Association Les Déchaînées, Libertaires contre l’islamophobie…

 Contact : Cfpe2004@yahoo.fr
Site : www.cfpe2004.fr/

Radio-Orient, » Grand Format » : Le modèle français : quelle type d’intégration

Partie I:
Écouter:http://www.radioorient.com/podcasts/grand-format-de-sans-transition-1ere-partie/
Le Grand format de Sans Transition a reçu :
– Khalid Hamdani, un des auteurs du rapport sur l’intégration,
– Louisa Belhamici, porte-parole du Collectif des Féministes pour l’Egalité,
– Sonia Dayan-Herzbrun, présidente de la Commission Islam et laïcité.

Partie II:
Écouter:http://www.radioorient.com/podcasts/grand-format-de-sans-transition-2eme-partie/

Le Grand format de Sans Transition a reçu :
– Madjid Si Hocine, président de l’association L’Egalité d’abord
– Ismahane Chouder, présidente du Collectif des féministes pour l’Égalité (CFPE)

 

Pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004

Le CFPE, avec une douzaine d’autres associations, lance un appel à mobilisation pour l’abrogation de la loi du 15 mars 2004 dite « sur les signes religieux dans les écoles publiques » : Rejoignez-nous !

Le CFPE s’est constitué au moment de la Commission Stasi, c’est-à-dire pendant la période qui a précédé l’élaboration puis le vote de cette loi. Il s’agissait alors de s‘opposer  à une loi  dirigée, de fait, contre le seul « foulard » dit islamique, mais qui a eu quelques effets collatéraux, par exemple sur les élèves sikhs. Les prises de position divergentes  concernant cette  loi ont conduit à une rupture à l’intérieur du mouvement
féministe. Dix ans après, les oppositions n’ont fait que se renforcer.

Cette loi, qui prétendait protéger les jeunes filles des hommes de leur entourage, a, depuis,  montré son véritable visage, une loi d’exclusion, dont il est temps de faire le bilan :
1) Elle a constitué une première étape vers une multiplication de mesures discriminatoires partant d’une interprétation dévoyée de la laïcité exigeant l’invisibilité des signes religieux au-delà des fonctionnaires.
Cette interprétation relevant d’une islamophobie d’Etat va s’étendre en visant au premier chef les femmes musulmanes :
– 2008 : affaire Baby-Loup ;
– loi de 2010 interdisant le port du voile intégral dans l’ « espace public » ;
– circulaire Chatel de 2011, interdisant aux mères voilées d’accompagner les enfants dans les sorties scolaires ;
– début 2013 : proposition de loi visant à l’interdiction du voile pour les employé-e-s des établissements privés de la petite enfance, ainsi que pour les nounous travaillant à domicile ;
– et depuis, en vrac, évocation de l’éventuelle adoption de lois réglementant le port du voile en entreprise, l’interdiction du port du voile à l’université, etc.
De fait, les femmes portant foulard sont discriminées partout (au travail, dans les organisations caritatives comme le Secours Populaire ou les Restos du cœur, à l’hôpital…). Dans les établissements scolaires, le port d’un bandana ou d’un bandeau, et /ou d’une jupe jugée trop longue est prétexte à exclure, hors de toute légalité (affaire Sirine).  On doit donc constater que loin d’apaiser les conflits et de protéger les femmes, la
loi de 2004 a été le déclencheur de comportements discriminatoires et haineux, qui y trouvent légitimation et déculpabilisation.
2) Dans le même temps les agressions et les violences contre les femmes portant foulard sont allées en se multipliant. Selon le rapport 2012 du Collectif contre l’islamophobie en France CCIF), elles subissent 94 % des agressions islamophobes recensées qui vont, on le sait, en augmentant, et sont rarement sanctionnées par les pouvoirs publics. La longue série d’agressions physiques subies par des femmes portant le foulard
(Argenteuil, Reims, Orléans…) marquent un franchissement de plus dans la violence décomplexée.

Malgré la multiplication de ces agressions, discriminations, humiliations… ces femmes musulmanes, voilées ou non, continuent de manifester leur résistance et leur volonté d’être présentes comme citoyennes à part entière, de prendre part aux luttes, y compris les luttes spécifiques aux femmes, et d’être pleinement actives, à l’école et à l’université, au travail, dans les associations, les syndicats, dans les partis…

Dans ces conditions, il faut exiger l’abrogation de la loi scélérate de 2004, qui aux dires mêmes de nombreux-ses spécialistes du droit, doit être dénoncée comme anticonstitutionnelle et contraire à la Déclaration des Droits de l’Homme. Seule l’abrogation de cette loi et de toutes les lois et circulaires discriminatoires dont elle a été comme le coup d’envoi, pourra mettre un coup d’arrêt à l’expansion de l’islamophobie, à l’injustice et aux inégalités, ainsi qu’à la souffrance qui en découlent pour les femmes
musulmanes.

Contact pour signatures : Cfpe2004@yahoo.fr                          
Site : www.cfpe2004.fr/
1ers Signataires :
 
– CFPE (Collectif Féministes Pour l’Egalité)
– MTE (Mamans Toutes Egales)
– ARDLFM (Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes)
– PIR (Parti des Indigènes de la République)
– FUIQP (Forum Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires)
– AFD (Alliance for Freedom and dignity)
– PSM (Participation et spiritualité Musulmanes)
– STOP CONTROLE AU FACIES
– PACT (Participation Citoyenne)
– GP (Génération Palestine)
– UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
– CEDETIM
– 8 MARS POUR TOUTES
– CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien)
– 
AIX SOLIDARITE
– FEMMES PLURIELLES

– COLLECTIF LES MOTS SONT IMPORTANTS
– ASSOCIATION MEMORIA NORD
– FSQP (Forum Social des Quartiers Populaires)
– ACMMSE (Association Culturelle de la Mosquée de Montreynaud Saint-Étienne)
– PARTAGEUX
– STRASS (Syndicat du Travail Sexuel)
– FONDATION FRANTZ FANON
– COLLECTIF SORTIES SCOLAIIRES AVEC NOUS
– COMITE 15 MARS ET LIBERTES

– MPF (Musulmans Progressistes de France)
Les TumulTueuses
-AAW (American Against War)

 

 

 

Pdf de l’appel à télécharger :Abrogation loi 2004 (1)
 

Le CFPE à l’Assemblée nationale

Discours introductif d’Ismahane Chouder, présidente du Collectif Féministes Pour L’Egalité, lors de la rencontre-débat organisée à l’Assemblée nationale le mercredi 20 novembre 2013, sur invitation de Noël Mamère, député de Gironde.

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Mesdames, Messieurs,

Le rapport d’Amnesty international publié en avril 2012 sur « La discrimination à l’égard des musulmans en Europe » est accablant.
Le rapport 2012 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ne l’est pas moins. Il confirme l’inquiétante montée des sentiments et des actes antimusulmans en France. Rendu public le 21 mars 2013, il révèle que les  actes islamophobes ont augmenté de 30 % entre 2011 et 2012, alors même qu’ils avaient déjà augmenté de 34 % en 2011.
Les femmes en sont les principales victimes. Et ce constat résonne d’autant plus à quelques jours de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
Selon le rapport 2012 du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), elles subissent 94 % des agressions islamophobes recensées.
Ces agressions se multiplient ; le silence qui les entoure est effrayant, accablant. Les violences contre les femmes se développent, aujourd’hui comme hier, sur le terreau d’un silence qui banalise et tue.
La fabrication au cours des 20 dernières années de la « menace islamique » a servi de fondement pour légitimer lois, circulaires etc. Et sert aujourd’hui a cautionné les passages à l’acte envers les femmes qui portent un foulard.
C’est bien parce que ces femmes sont perçues à travers un filtre d’altérité tel que toute empathie, toute identification est impossible que la violence, symbolique, verbale ou physique, à leur égard peut s’exprimer impunément.
Notamment quand elles sont légitimées par des déclarations qui font du combat contre le foulard le combat essentiel de la République.
Particulièrement quand les raisons invoquées sont « respectables » et « honorables ».
C’est au nom de la « libération » des femmes et au nom de la laïcité que s’est jouée la mise en scène du débat sur le foulard à l’école et l’exclusion des élèves le portant, c’est toujours au nom de la libération des femmes et de la laïcité que toutes les récentes propositions de loi ont été faites.
Loi 2004, 2010, circulaire Chatel, proposition de loi visant les assistantes maternelles à leur domicile, crèches privées, dans l’entreprise, à l’université… Charte de la laïcité.
Bandeaux, jupes et robes trop longues… La surenchère « laïque » et « féministe » égrène son lot de discriminations, stigmatisations, humiliations… et dénis de droits.

Le temps n’est-il pas venu de questionner le bilan des lois de 2004 et 2010 ?
Ces lois ont-elles réellement, peu ou pas du tout, participé à l’émancipation des femmes qu’elles prétendaient libérer ? N’ont-elles pas plutôt légitimé un racisme désormais quantifiable et identifiable ?
Les erreurs de jugements et amalgames ou glissements de pensée qui favorisent des visions binaires piégées sont regrettables et contestables et invalident de façon dommageable la recherche et la défense commune d’un cheminement vers une dynamique universaliste qui soit effective et se construise à partir de toutes les luttes d’émancipation aux multiples composantes.
En tant que présidente d’un collectif réunissant des femmes, musulmanes et non, croyantes ou pas, voilées ou pas…  femmes et féministes convaincues, je suis en colère contre les féministes qui oublient la solidarité de base envers les femmes victimes de toutes les discriminations et qui enferment certaines catégories de femmes – musulmanes – dans un monde à part où des critères communs à tous les combats émancipateurs (l’autonomie de choix particulièrement) ne s’appliqueraient pas…
Quelle que soit l’opinion des un-e-s et des autres sur le foulard, rien ne justifie d’essentialiser et de déshumaniser des femmes qu’on réduit à un signe abstrait et que l’on exclut de toute vie publique. Notamment quand cette posture émanent de ceux qui se découvrent soudainement « féministes » quand il s’agit de l’islam.
La rhétorique du « eux » et « nous » remplit deux fonctions : donner un visage acceptable et une justification morale à l’islamophobie.
Les musulman-e-s de ce pays sont des citoyens de plein droit et demandent à l’institution de tenir sa promesse la plus essentielle : veiller à l’intégrité de ses citoyens et à la protection de leurs libertés les plus fondamentales.

Je veux ici ce soir, avec vous tou-te-s, interpeler, interroger ceux qui participent à la parole et à l’action publique quant aux moyens mis en œuvre pour lutter contre ce racisme spécifique qu’est l’islamophobie  afin de placer la discussion sur le terrain de l’action à venir. Du rôle que l’Etat, les médias, les ONGs et les élus doivent jouer pour apporter une contribution identifiable et efficace dans la lutte contre l’islamophobie, en incluant dans le phénomène un préjudice qui dépasse la seule communauté musulmane, dans sa capacité à construire des clivages dangereux et à détruire ce qui fait société : le lien entre citoyens.
Je vous remercie pour votre attention

.AN_Ichouder